NOUVELLES Renforcer le leadership des femmes et la parité de genre dans les institutions de justice Posté parUshnata Thapa mars 30, 2026 Intervenant·e·s et participant·e·s à l’événement En marge de la Commission de la condition de la femme (CSW70) 2026, le PNUD, en collaboration avec le Gender Equality Research Lab de l’Université de Pittsburgh, a organisé une discussion sur le leadership des femmes dans les institutions de justice. Cet échange a réuni des chercheur·se·s et des praticien·ne·s autour d’un message central : faire progresser l’égalité de genre dans la justice est fondamentalement une question de données, de preuves et de la manière dont celles‑ci sont utilisées pour orienter les réformes. Dans le monde entier, les institutions de justice sont essentielles pour garantir les droits, renforcer la redevabilité et assurer l’équité. Pourtant, plus de cinq milliards de personnes n’ont toujours pas un accès effectif à la justice ; un déficit qui reflète non seulement des limites en matière de prestation de services, mais aussi des défis systémiques plus profonds liés au fonctionnement des institutions et à leur représentativiré. De plus, les écarts de genre dans le leadership judiciaire continuent d’influencer qui participe à la définition des résultats en matière de justice. Les institutions de justice sont au cœur des systèmes de gouvernance. Elles protègent les droits, soutiennent la redevabilité et influencent la confiance des citoyen·ne·s envers l’État. L’un des principaux défis est celui de la représentation. Les personnes qui occupent des postes d’autorité dans ces institutions influencent directement la prise de décisions, les expériences prises en compte et la perception de légitimité des systèmes judiciaires. Mais relever ce défi repose avant tout sur les données. Pendant longtemps, les inégalités de genre dans les institutions de justice ont été difficiles à évaluer de manière systématique. Les données sur la représentation des femmes dans le système judiciaire ont souvent été fragmentées, incohérentes, voireinexistantes. Sans données fiables, les décideur·se·s peinent à identifier les disparités les plus marquées, à élaborer des solutions ciblées ou à mesurer l’efficacité des réformes. Une collaboration récente entre le PNUD et le Gender Equality Research Lab de l’Université de Pittsburgh — notamment à travers les travaux des professeures Müge Finkel et Melanie Hughes — a cntribué à renforcer la base mondiale de connaissances sur le leadership des femmes dans l’administration publique et les institutions judiciaires. En combinant ces travaux avec les efforts de collecte de données du PNUD, une vision plus complète et pertinente pour les politiques publiques émerge. Ce que révèlent les données et pourquoi c’est important Le tableau mondial qui se dessine montre à la fois des avancées et des obstacles structurels persistants. Le tableau de bord Women in Judiciary du PNUD offre, pour la première fois, une vue comparable à l’échelle mondiale de la représentation des femmes dans les systèmes judiciaires, ventilée par niveau de juridiction. En rassemblant des données officielles nationales dans un format accessible, il met en lumière les progrès réalisés ainsi que les inégalités persistantes, en particulier aux niveaux supérieurs de l’autorité judiciaire. Si les femmes sont de plus en plus présentes dans les fonctions judiciaires de niveau inférieur, elles restent sous‑représentées aux postes de direction, notamment au sein des cours suprêmes et constitutionnelles. Cette concentration dans les fonctions subalternes limite leur influence dans les espaces où sont prises les décisions les plus déterminantes. Ce constat reflète des défis systémiques — en matière de recrutement, de parcours de promotion et de culture institutionnelle — qui nécessitent des réponses politiques délibérées. Il souligne également que l’égalité à l’entrée ne se traduit pas automatiquement par une égalité de pouvoir. Par ailleurs, d’importantes lacunes de données subsistent, notamment dans les contextes des pays à faible revenu ou fragiles. Dans ces situations, l’absence de données constitue en soi un problème de gouvernance, car elle masque les inégalités et fragilise les bases de la réforme. Concernant l’égalité de genre dans l’administration publique, les données de l’Université de Pittsburgh révèlent une tendance constante et préoccupante : plus le niveau hiérarchique est élevé, moins les femmes y sont représentées. Les femmes constituent 45 % des cadres, 38 % des cadres supérieurs et seulement 38 % des plus hauts dirigeant·e·s, qui représentent moins de 1 % de l’ensemble des postes de l’administration publique. En Afrique, les données sont à la fois limitées et inégales. Seuls neuf pays publient des données sur la présence des femmes dans les postes décisionnels des ministères de la justice. Là où ces données existent, les écarts sont marqués : de 11 % au Togo à 54 % en Afrique du Sud, ce qui montre que les progrès sont possibles, mais loin d’être garantis. Données, redevabilité et conditions de la réforme La véritable force de ces ensembles de données réside non seulement dans ce qu’ils révèlent, mais aussi dans ce qu’ils permettent. Comme l’a souligné Rehab Al‑Sanabani du PNUD, « de meilleures données rendent les inégalités visibles… [et] créent les conditions de la réforme ». En rendant les inégalités visibles et comparables, des outils tels que le tableau de bord Women in Judiciary renforcent la redevabilité et génèrent une pression en faveur du changement. Ils permettent aux gouvernements de mesurer leurs progrès, d’identifier les lacunes et de cibler leurs interventions. Ils offrent également à la société civile, aux chercheur·se·s et aux partenaires internationaux des moyens d’appui plus efficaces aux réformes. Il est essentiel de souligner que la combinaison de données reliant la représentation judiciaire à avec celles de l’administration publique et aux indicateurs de l’ODD 16 permet d’obtenir une vision plus globale du fonctionnement des systèmes judiciaires. Cette base de données intégrée favorise des réponses politiques plus cohérentes et efficaces. Des données au changement institutionnel La session a permis de dégager une conclusion claire : parvenir à la parité de genre dans les institutions de justice exige des données solides, un engagement durable du leadership et une volonté d’affronter les obstacles structurels. Grâce à de nouvelles plateformes mondiales comme le tableau de bord Women in Judiciary et Gen‑PaCS 2.0, les pays disposent désormais de meilleures données. Toutefois, si les données sont indispensables, elles ne suffisent pas. Transformer les preuves en impact nécessite un engagement politique, des réformes institutionnelles et des efforts soutenus pour lever les obstacles structurels. Cela implique notamment de réformer les systèmes de promotion, de renforcer les parcours ver les postes de direction et de s’attaquer aux normes institutionnelles qui freinent l’avancement des femmes. Dans les contextes fragiles ou de crise, les enjeux sont encore plus importants. L’exclusion des femmes des postes de direction peut accentuer les inégalités et affaiblir la résilience des institutions. Intervenant·e·s lors de l’événement × Lien! Copier dans le presse-papier! Partager Articles similaires nouvelles 27-04-2026 Transformer l’engagement en changement : médaille d’or du Sceau de l’égalité de genre dans les institutions publiques pour l’Administration métropolitaine de Bangkok (BMA) nouvelles 17-04-2026 TRANSFORMER LES PROMESSES EN PROGRES : COMMENT L’AUDIT PUBLIC PEUT MONTRER LA VOIE DANS LA LUTTE CONTRE LA VIOLENCE BASÉE SUR LE GENRE nouvelles 09-04-2026 La Colombie renforce la gouvernance publique pour toutes et tous